« Écrivons votre histoire » : le pluriel n’est pas un hasard. Ce n’est pas moi qui écris votre vie à votre place, et ce n’est pas vous qui devez trouver seul les mots pour la raconter. C’est un travail à deux voix : la vôtre, qui porte les souvenirs, et la mienne, qui les met en forme. Que votre histoire touche à un parcours d’exil ou de déracinement, à une vie professionnelle ou à un quotidien en apparence ordinaire, ce que ce métier apporte de plus précieux n’est peut-être pas ce qu’on croit.
Écrivons votre histoire : au-delà de la liste de dates
Beaucoup de gens qui envisagent de raconter leur histoire pensent d’abord à une chronologie : je suis né ici, j’ai grandi là, j’ai fait tel métier, j’ai eu tels enfants. C’est un bon point de départ, mais ce n’est pas un récit. Une vie racontée comme une succession de dates se lit comme un état civil, pas comme une histoire.
Le travail de mise en récit consiste justement à trouver le fil : quel événement a tout changé ? Quelle décision a demandé le plus de courage ? Quel moment mérite d’être raconté en détail quand d’autres peuvent tenir en une phrase ? C’est un travail d’écriture à part entière, avec ses choix de rythme, de tension, de respiration : le même que celui qu’on retrouve dans un roman, mais au service d’une vie réelle.
Se raconter, c’est aussi se comprendre
On pense souvent à la biographie comme un cadeau qu’on laisse aux autres. C’est vrai, mais c’est incomplet. Beaucoup de personnes qui se prêtent à l’exercice découvrent, en cours de route, des choses sur elles-mêmes qu’elles n’avaient jamais formulées. Le fait de raconter à voix haute, dans l’ordre, avec quelqu’un qui pose les bonnes questions, fait apparaître des liens entre des événements qu’on n’avait jamais rapprochés : une décision professionnelle qui répétait un choix familial plus ancien, une valeur transmise sans qu’on en ait eu conscience.
Écrire son histoire, ce n’est donc pas seulement un acte tourné vers l’avenir et vers ceux qui liront le livre plus tard. C’est aussi, pour celui qui la raconte, une occasion de relecture de sa propre vie, ici et maintenant.
Chaque vie mérite d’être racontée
Ce ne sont pas les faits extraordinaires qui font une bonne histoire, c’est la manière dont ils sont racontés
Il y a une idée reçue tenace : la biographie serait réservée aux vies extraordinaires, aux personnalités publiques, aux parcours hors du commun. C’est précisément le contraire qui est vrai. Ce ne sont pas les faits extraordinaires qui font une bonne histoire, c’est la manière dont ils sont racontés. Une vie de labeur discret, une carrière sans éclat apparent, un quotidien qui semble ordinaire à celui qui l’a vécu… Tout cela peut donner un récit aussi fort qu’un destin hors norme, à condition d’être écouté avec attention et écrit avec soin.
C’est tout l’enjeu de ce métier : révéler ce qu’il y a d’unique dans une existence que celui qui l’a vécue juge souvent trop banale pour être racontée.
Prenons un exemple concret : un artisan qui a repris l’atelier de son père, traversé une période de faillite évitée de justesse, puis transmis à son tour l’entreprise à sa fille. Vu de l’extérieur, rien d’extraordinaire : c’est le parcours de milliers d’artisans alsaciens. Raconté avec attention, ce même parcours devient une histoire de transmission, de doute, de persévérance et de choix familiaux qui parle à n’importe quel lecteur, bien au-delà du cercle de ceux qui connaissent l’atelier.
Un exercice qui dépasse le cercle familial
La biographie n’est pas réservée aux histoires de famille. De plus en plus de dirigeants d’entreprise, d’artisans arrivés en fin de carrière ou de fondateurs d’association souhaitent que l’histoire de leur parcours professionnel soit écrite. Non pas comme un rapport d’activité, mais comme un vrai récit : les débuts difficiles, les paris risqués, les rencontres décisives. Ce type de texte a une valeur différente d’une biographie familiale : il peut être partagé avec des collaborateurs, des clients, des successeurs, et devenir un support de transmission pour une entreprise ou une association tout entière.
Un objet qui traverse le temps
Enfin, il y a la dimension la plus concrète : au terme du travail, il reste un livre. Un objet qu’on peut tenir, feuilleter, relire, poser sur une étagère, offrir. Contrairement à un enregistrement audio ou à des notes éparses, un livre a une forme achevée : un début, une fin, une couverture avec un nom dessus. Cette forme donne à l’histoire racontée une légitimité qu’elle n’aurait pas autrement : celle d’une œuvre qu’on a pris le temps de construire, et non d’un simple témoignage jeté sur le papier.
Vous avez une histoire à raconter, qu’elle soit familiale, professionnelle ou les deux ? Écrivons votre histoire ensemble, pour lui donner la forme qu’elle mérite.

Diplômé en Lettres et Langues et en communication à l’Université de Strasbourg, Philippe Monnier est éditeur et écrivain. Il anime des ateliers d’écriture créative en Alsace et, depuis 2016, il retranscrit la vie dans des biographies réalistes, fidèles et poétiques.
Ancien chroniqueur à l’Association indépendante des journalistes suisses , Philippe Monnier est un auteur publié qui écrit des livres pour enfants, où les situations cocasses et tendres se muent en une aventure palpitante. Si vous souhaitez pousser les portes de son univers poétique, laissez-vous emporter Si loin de l’Atlantide.


